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Musée

des arts de la table

Pince à sucre

Pince à sucre

 

Matériaux / Technique : métal blanc (maillechort), carton, papier, tissu, velours, métal

Lieu de fabrication : France, Saint-Etienne (?)

Chronologie : 1887-1911

Dimensions : Lg 16,5 cm cm

Statut: Propriété du Conseil Général de Tarn-et-Garonne

inv. 2013.1.4

Historique : Don de M.F. Ren, 2013

Crédit photo : © J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CG 82

 

Cette pince à sucre est réalisée en « métal blanc », l'un des noms commerciaux du maillechort, alliage de zinc, cuivre et nickel, utilisé comme succédané à l'argent pour une « orfèvrerie » de table bon marché. Dans le métal blanc, la part du cuivre monte à cinquante pour cent. Cet alliage, très résistant et d'une couleur blanc argenté, fut redécouvert par les Lyonnais Maillot et Chorrier (d'où le nom de « maillechort », brevet déposé en 1827), mais il était connu depuis longtemps en Chine sous le nom de « baitong » ou « paktong ». Dès le début du XVIIIe siècle, il est importé en Angleterre et adapté à la production courante de pièces de table, luminaires, objets de toilette, comme matériau de substitution à l'argent. On l'utilise aussi pour réaliser des montures d'objets coûteux, comme les théières de porcelaine.

 

La France ne commence à utiliser le « paktong », donc sous le nom de maillechort, qu'assez tardivement au cours du XIXe siècle. A partir de 1867, la maison Christofle l'adopte comme base pour ses couverts en métal argenté, de préférence au laiton employé depuis les années 1840, car il est plus solide et s'oxyde moins. A partir du Second Empire, il est mis en œuvre de manière massive pour la fabrication de couverts et ustensiles à prix modiques. Cette pince témoigne de l'engouement pour un alliage encore utilisé de nos jours, quoiqu'en moindre quantité depuis l'avènement de l'acier inoxydable dans les années 1950. La volonté d'imiter au plus près l'argenterie « massive » est évidente dans le cas de cette pièce imposante par ses dimensions, de bonne fabrication, et aussi détaillée que pourrait l'être une pince en argent sortant des mains d'un orfèvre. Argenté ou brut, le maillechort a permis à de nombreux ménages de s'équiper à peu de frais sans sacrifier la qualité.


L'écrin est au nom de la Manufacture des Armes et Cycles de Saint-Etienne, devenue Manufrance en 1911. L'acquéreur de la pince s'est donc fourni auprès de la célèbre entreprise de Saint-Etienne. Dans son catalogue, au début du XXe siècle, une pince à sucre en maillechort argenté coûtait de 4,75 francs à 6,75 francs, alors que son équivalent en argent valait 16 francs. Selon la teneur de ses composants, le maillechort prend les noms commerciaux d'argental, argent blanc, argent neuf, métal blanc, métal extra blanc, alpacca ou alfénide.