20-12-2011
Bonjour à tous
2011 s'achève pour Belleperche dans la poussière et les gravats, mais c'est pour mieux apparaître, d'ici deux ans, sous un nouveau visage. Après quelques retards (quel chantier de monument historique n'en a jamais éprouvé ?), les travaux ont commencé en novembre. Rappelons qu'ils concernent les deux escaliers actuellement praticables (sur un total de quatre dans l'édifice), l'ancienne hôtellerie comprenant les chambres sud, nord et la galerie "des graffitis", enfin l'étage de l'aile des jardiniers où s'installera le service éducatif.
La photo jointe à cette lettre est impressionnante sans doute... Au moins est-elle révélatrice de l'état actuel de l'hôtellerie, à comparer avec le résultat final ! Elle a été prise le 20 décembre, après la démolition du plafond totalement ruiné de cette pièce redécorée début XXe siècle, les autres ayant conservé en partie leur état XVIIIe. Cette pièce fut habitée jusqu'en 1998. Déjà en mauvais état à cette époque, ornée d'un papier peint très abîmé des années 1920, elle s'est dégradée rapidement à cause des gouttières. La toiture, avant sa réfection en 2005, laissait passer des flots d'eau de pluie qui ont eu raison du plafond en plâtre (sans aucun décor heureusement), lequel va être refait à l'identique.
Les chambres d'hôtes côté sud seront vraisemblablement achevées dans le courant 2012. Nous allons nous pencher sur le mobilier muséographique destiné à présenter les théières en grès de Yixing et autres objets de porcelaine chinoise de la collection Valfré. Nous ne pouvons cependant, à l'heure actuelle, prévoir la date à laquelle ces salles seront accessibles aux visiteurs.
Cette année 2011 a vu les collections s'enrichir de 75 lots, parmi lesquels plusieurs pièces en faïence de Montauban (dont un grand bassin présenté dans la rubrique "acquisitions récentes"), Auvillar et Nègrepelisse. Une petite verseuse à fond d'or datable vers 1800 illustre désormais le style "retour d'Egypte" avec son décor de sphinx peint, qui plus est, au lustre métallique, technique rarement employée en France à cette date. Quant à la saucière en majolique d'Urbino de la fin du XVIe siècle, elle est le premier objet de ce type à intégrer les collections.
Citons encore un gîte à pâté début XIXe, un déjeuner sur plateau aux émaux de Longwy vers 1930, une théière de Meissen fin XVIIIe, une assiette chinoise d'importation pour une famille hollandaise vers 1730 entre autres porcelaines chinoises "de commande" , une assiette de Delft au perroquet, de nouvelles assiettes du service Rousseau si important dans l'histoire des arts de la table français, une cuillère en étain anglaise du XVIIe, un beau pichet en verre "berlingot" de Clichy, une théière "self pouring" à décor Arts & Crafts, un impressionnant service à découper du XIXe en acier et bois de cerf, un grand plat de montre en faience de Lille début XVIIIe, une étonante cafetière en faïence fine française vers 1880 (trompe-l'oeil de feuilles de papier pliées et enroulées), enfin une très belle fourchette en argent fin XVIIe au poinçon d'un orfèvre de Castres.
Plaçons en exergue deux pièces importantes : une mancerina espagnole du XVIIIe, type d'objet que nous attendions de pouvoir acquérir depuis longtemps puisqu'il est essentiel dans l'histoire du chocolat chaud, et une cuillère de mariage frisone en vermeil, parfaitement documentée, offerte le 23 juillet 1654 à Hopeke Reynalda et Antie Kingma.
Parmi les dons, il faut signaler une salle à manger de style éclectique début XXe provenant de la famille d'un notaire de l'Est de la France, mais aussi des assiettes à décor royaliste fin XVIIIe et Restauration, deux plats légumiers anglais et un pichet couvert français provenant du château Saint-Roch non loin de Belleperche, un bol chinois à couverte céladon, une soupière en faïence de Moncaut, un plat modèle "Iris" de Pexonne, des assiettes de Choisy et Montereau, un pot à lait peu courant en faïence fine de Bordeaux.
Le point faible des collections reste toujours l'ofèvrerie, quelle que soit l'époque, et la verrerie antérieure au XVIIIe siècle. Les prix atteints par ces pièces ne sont que bien peu compatibles avec notre budget !
Nous avons reçu cette année plus de 14.000 personnes, en majorité durant la période d'ouverture de mai à septembre. L'intérêt pour un musée des arts de la table ne se dément pas, tant ce sujet parle à tout le monde et touche aux racines culturelles, familiales et personnelles de chacun. Enfin, pour la première fois, nous avons prêté des objets à l'occasion d'un exposition temporaire : "Saveurs métisses", au musée de la faïence et des arts de la table de Samadet, dans les Landes. Peu à peu, de contacts en contacts, notre établissement s'insère dans le tissu muséal français. Mais il reste encore bien du chemin à parcourir avant que Belleperche atteigne le but !
Passez de bonnes fêtes de fin d'année, et restez fidèle à notre abbaye-musée !
J.M. Garric