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Musée

des arts de la table

cafetière filtre

cafetière filtre

Domaine : métallurgie

Matériaux / Technique : tôle de fer étamée, peinte, dorée, métal doré

Lieu de fabrication : France

Chronologie : 1805-1815

Dimensions : Ht. 41,2 cm ; base : 14 x 14 cm

Statut: Propriété du Conseil Général de Tarn-et-Garonne

inv. 2012.3.2

Historique : Acquisition, 2012

Crédit photo : © J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CG 82

 

Depuis l'arrivée du café en France dans les années 1660, les Français ont consommé une boisson à la mode, chère, adulée, mais pas forcément bien bonne. Pendant près de cent cinquante ans, le café, en France, fut préparé à la turque, par infusion, comme on l'avait vu faire à Constantinople ou, à Paris, par les membres de l'ambassade de la Sublime Porte. Cuit, bouilli, re-bouilli, il perdait la plus grande partie de ses arômes, quand bien même la mouture provenait d'un excellent café. A la fin du XVIIIe siècle, on connaissait l'usage de la chausse, pour un café dit "à la grecque", et d'autres techniques plus ou moins aléatoires ont été imaginées, pas toujours convaincantes.

Mais c'est l'invention de la cafetière filtre, dans laquelle l'eau passe au travers de la mouture (percolation), qui va triompher et permettre enfin d'apprécier le café dans toute sa plénitude. En 1802-1803, la découverte, basée sur des principes physiques simples, est attribuée à deux hommes : François-Antoine Descroizilles, pharmacien à Dieppe, et M. du Belloy, neveu de l'archevêque de Paris (et non l'archevêque lui-même comme on le voit partout écrit sur Internet ! Il avait 93 ans en 1803 et ne se souciait guère du café...). Descroizilles est en fait le véritable inventeur de la percolation, du Belloy l'ayant fait connaître à Paris. La cafetière filtre gagne la faveur des amateurs et détrône rapidement l'ancienne manière.

Cette cafetière spectaculaire, datable du Premier Empire, témoigne du changement opéré dans la préparation du café, que l'on offrait à ses invités dans le salon, après le repas. Autrefois, plusieurs ébullitions étant requises, il fallait faire le café à l'avance, en cuisine, et l'apporter au salon dans une cafetière d'argent. Désormais, après 1803, le café peut aussi être préparé au dernier moment, devant l'assistance, ou directement  à table lorsqu'on est en famille. L'objet, prévu pour une douzaine de tasses, a conservé ses deux filtres internes. Un réchaud à alcool prend place dans la base afin de tenir la boisson aussi chaude que possible.