Imprimer

Musée

des arts de la table

Moutardier

Moutardier

 

Domaine : orfèvrerie

Matériaux / Technique : argent martelé, repoussé, fondu, ciselé

Auteur : Marc Lanis, reçu maître en 1726

Lieu de fabrication : Montauban (Tarn-et-Garonne)

Chronologie : 1768-1775

Dimensions : H 11,5 cm ; Lg 8,3

Poinçons : orfèvre (M/LA/NIS) ; poinçon de charge (harpe) et décharge (porc) du sous-fermier de Montauban pour 1768-1775

Statut : Propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT.2014.15.1

Acquisition, 2014

Crédit photo : © J.M. Garric ; © Musée des Arts de la Table / CG82

 

La production des orfèvres de Montauban, méconnue, n'était jusqu'à présent documentée que par des couverts et des ustensiles de service. La réapparition de ce moutardier constitue donc un petit événement, et sa place au musée des Arts de la Table, près de Montauban, s'avérait logique. De forme balustre, il ne s'éloigne pas des modèles courants en vogue dans toute la France depuis les années 1740. Le corps lisse sur un pied à gorge, les godrons qui bordent le couvercle, en sont des constantes. Ce qui le distingue, c'est le contraste marqué entre le corps uni et le couvercle sur lequel s'étale une ample et riche coquille d'esprit rocaille, striée, cannelée, à bordure déchiquetée, encadrée par des enroulements. 


Une encoche a été pratiquée tardivement dans la bordure de godrons, en prenant garde de ne pas mutiler la coquille, afin de laisser passer le manche (très fin) d'une cuillère. Cette encoche, trop petite et désaxée par rapport à l'anse, n'avait pas été prévue à l'origine, ce qui pose la question de l'usage de l'objet à sa sortie des mains de l'orfèvre. Il s'agit bien d'un moutardier, mais pour quelle moutarde ? Si de nos jours nous ne la connaissons guère que sous sa forme industrielle d'un jaune brunâtre, prête à consommer, il n'en a pas toujours été ainsi, et jusque dans le courant du XXe siècle, on achetait souvent la moutarde en poudre afin de la préparer chez soi, à sa convenance. Sur notre moutardier, la présence d'une véritable encoche pour une cuillère aurait permis de conclure à une moutarde servie à la consistance d'une crème. Celle d'un bec verseur nous orienterait plutôt vers une moutarde liquide. Dans le cas présent, il n'est pas interdit d'imaginer que cet objet ait servi à présenter de la moutarde en poudre, que l'on saupoudrait sur les viandes au service du rôt, ou que chacun mêlait selon son goût, dans l'assiette, à d'autres ingrédient, huile, verjus, vinaigre...