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Musée

des arts de la table

Surtout de table

Surtout de table

Domaine : céramique

Matériau : faïence stannifère peinte

Fabricant : attribué à la manufacture de la place Saint-Pierre à Auvillar (Tarn-et-Garonne)

Chronologie : 1740-1750

 Dimensions : Ht 10,7 cm ; Lg 35,2 cm ; lg 26,5 cm

Statut : propriété du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne

inv. 2018.16.1

Historique : Acquisition, 2018.

Crédit photo : J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CD 82

Le surtout de table, élaboré dans la seconde moitié du XVIIe siècle, a d'abord été un objet d'orfèvrerie, formé d'un plateau sur lequel on disposait, à portée de main des convives (ce qui supposait peu de personnes, assises autour d'une table ronde ou ovale), les objets destinés à l'assaisonnement des mets : huilier, vinaigrier, salière, poivrier, saupoudreuse à sucre, moutardier, boîte ou saupoudreuse à épices... Au centre se dressait un élément à la fois décoratif et utile. Il pouvait s'agir d'une coupe pour des fruits (notamment citrons et bigarades dont le jus servait à l'assaisonnement des viandes), ou d'une corbeille de fleurs. A cet élément central étaient fixés des bras de lumière amovibles, au moins quatre, dont les chandelles complétaient l'éclairage de la table.

Au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, le surtout devint beaucoup plus décoratif qu'utile, et si les bras de lumières subsistèrent jusqu'aux années 1730, les ustensiles n'y étaient plus guère disposés. Apparurent alors des centres de table toujours appelés "surtouts" (le mot est resté mais l'usage a changé), composés de plusieurs pièces assorties par le décor mais de formes variées et complémentaires, circulaires, carrées, polygonales et, comme ici, à pans coupés, dont l'agencement au centre de la table et désormais sur toute sa longueur permettait de composer des ensembles variés dont le principal objectif était le plaisir des yeux.

Ce surtout correspond par sa forme et son décor de broderies peintes en bleu au goût en vigueur dans les années 1730-1740 mais sa réalisation est plus tardive d'une décennie. Il reprend, en faïence, des modèles connus en orfèvrerie. Moustiers a fabriqué, avant Auvillar, des objets de ce type et c'est bien d'une réalisation "à la façon de Moustiers" qu'il s'agit ici. Sur le plateau, on pouvait disposer toutes sortes de compléments ornementaux, fruits de saison agencés en pyramides, compositions florales dans des coupes ou piquées sur de la mousse naturelle, coupelles et bols de porcelaine de Chine posés les uns sur les autres, menus objets de verre tels que les gobichons sur lesquels on posait des fruits frais ou confits... Mieux que l'ancien et solennel surtout utilitaire des années 1690-1730, fort encombrant, ces nouveaux surtouts, produits de la mode et de l'évolution des goûts et manières de table, autorisaient une infinie variété de combinaisons et de décors selon les saisons, les occasions...