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Musée

des arts de la table

Plat en faïence d'Ardus aux armes de l'intendant Lescalopier

Plat en faïence d'Ardus aux armes de l'intendant Lescalopier

Domaine : céramique

Matériaux / technique : Faïence peinte

Lieu de fabrication : Ardus, commune de Lamothe-Capdeville, France

Chronologie : 1753

Dimensions :

Statut : Propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT.2009.62.1

Historique : Montauban, ancienne collection Lacaze ; Acquisition, 2009

Crédit photo : (c) J.M. Garric ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

Créée entre 1737 et 1739 par le baron Duval de Lamothe dans le parc de son château au bord de l'Aveyron, la manufacture d'Ardus est restée jusqu'en 1760 (date d'extinction de son privilège) le seul site faïencier des environs de Montauban, avant que des techniciens venus d'Ardus ne s'installent dans cette ville en 1762. On ne connaît pas encore tous les détails de la production, mais les décors à la Berain en camaïeu bleu, parfois polychromes, semblent prépondérants durant une trentaine d'années. Ce grand plat provient d'un service réalisé durant la période de gestion Lapierre-Lestrade (1752-1761), qui vit sortir des fours des ensembles armoriés à destination d'une clientèle locale et régionale. Il porte les armes de Gaspard Charles César Lescalopier (1706-1792), intendant royal en poste à Montauban de 1740 à 1756. Ce personnage considérable possédait par ailleurs un service de vermeil plus conforme à son rang, dont un plateau est parvenu jusqu'à nous (musée du Louvre, donation Stavros-Niarchos).

Livré en février 1754, quatorze ans après l'entrée en fonction de l'intendant, le service doit moins correspondre à la volonté d'équiper la table de l'hôtel des intendants qu'à un désir d'émulation et d'action en faveur du fonctionnement de la manufacture qui éprouvait quelques difficultés. Sans doute peut-on reconnaître un faible intérêt pour cet ensemble en constatant que Lescalopier ne s'en est pas embarrassé lorsqu'il quitta la ville en 1756 : les quelques pièces repérées au XIXe siècle l'ont été autour de Montauban. Ses deux successeurs, Chaumont de la Galaizière (1756-1761) et de Gourgues (1761-1773) ont chacun commandé un service armorié afin de soutenir l'activité d'Ardus, ce qui suppose à chaque fois la réforme de l'ensemble précédent.

Du service Lescalopier, expression d'une manufacture provinciale de grande qualité mais peinant à renouveler son offre, deux plats seulement sont connus à l'heure actuelle, celui-ci et un presque semblable au musée Paul-Dupuy de Toulouse. Cette acquisition s'imposait, non seulement en raison de la rareté des pièces d'Ardus armoriées et marquées, mais à cause de la valeur historique de l'objet. Il enrichit avec éclat le petit fonds de faïences ardusiennes du musée, tout en évoquant le souvenir d'un administrateur auquel on doit l'amélioration du réseau routier autour de Montauban.