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Musée

des arts de la table

Partie de cabaret en faïence fine, 1830-1840

Partie de cabaret en faïence fine, 1830-1840

Domaine : céramique

Matériaux / technique : faïence fine (grès « terre de Naples »)

Lieu de fabrication : Sarreguemines, France (attribué à)

Chronologie : 1830-1840

Fabricant / Designer : manufacture Utzschneider (attribué à)

Marques / inscriptions : chiffres au revers des pièces : O pour le pot à lait, 5 sous l'écuelle et les tasses.

Dimensions : H. théière 21,3 cm ; H. pot à lait 23 cm ; H. tasses 8 cm ; H. écuelle 13,6 cm.

Statut : propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT. 2009.86.1 à AT.2009.86.6

Historique : acquisition, 2009

Crédit photo : (c) J.M. Garric ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

D'esprit néo-classique, cet ensemble destiné au déjeuner de la mi-journée et à la collation de fin d'après-midi comprend une verseuse munie d'un filtre à la base du bec verseur qui l'apparente à une théière. Or les tasses ventrues sont souvent associées, de nos jours, à la dégustation du chocolat. C'est la preuve qu'il ne faut pas chercher systématiquement à relier un objet à un aliment précis, sur le seul argument de sa forme. Le premier propriétaire de ce service, composé à la demande, aura simplement préféré ce modèle de tasses à un autre. Mais il faut aussi tenir compte des pratiques contemporaines, et ces tasses ne servaient certainement pas au thé de manière exclusive. Par leur contenance et leur large ouverture, elles s'offraient aussi bien à la prise d'une boisson chaude (comme le lait, le café pur ou au lait, et le chocolat bien entendu) accompagnée de produits boulangers, qu'à celle d'un bouillon.

L'autre particularité du service est l'écuelle couverte dont la présence est inhabituelle dans un cabaret à cette époque. Il ne s'agit pas du sucrier car celui-ci, très détérioré, était une classique adaptation miniature d'un vase grec avec deux petites anses en crosses. Là encore, le propriétaire a pu choisir de compléter le cabaret avec une écuelle assortie, destinée à diverses boissons voire à la soupe.

Cette polyvalence des objets nous ramène aux pratiques alimentaires de la première moitié du XIXe siècle, lorsque le petit-déjeuner tel que nous le concevons aujourd'hui  n'était ni fixé dans ses horaires ni homogène dans sa composition. Beaucoup de personnes, jusque sous le Second Empire, avalaient au saut du lit un liquide, bouillon, infusion, vin, et ne prenaient leur premier vrai repas qu'entre 11h du matin et 1h après midi (midi/14h pour notre heure d'été, 13h/15h pour l'heure d'hiver), avec une boisson chaude, du pain, des biscottes, de petites flûtes briochées, etc. Cette façon de faire était un héritage du XVIIIe siècle et ne disparut complètement que dans la seconde moitié du XIXe la généralisation du déjeuner "à la fourchette" apparu pendant la Révolution, c'est-à-dire un vrai repas comme de nos jours.