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Musée

des arts de la table

Bol à thé en faïence de Rouen, 1700-1720

Bol à thé en faïence de Rouen, 1700-1720

Domaine : céramique

Matériaux / technique : faïence peinte en camaïeu bleu

Lieu de fabrication : Rouen

Chronologie : 1700-1720

Dimensions : H. 5,2 cm

Statut : propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT. 2010.11.1

Historique : acquisition, 2010

Crédit photo : (c) J.M. Garric ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

La consommation du thé augmente au début du XVIIIe siècle, tout en demeurant accessible aux seules classes aisées en raison du prix de la denrée. Par voie de conséquence, la demande s'accroit pour les ustensiles liés à cette boisson de luxe. En matière de céramique, la porcelaine de Chine demeure au début du siècle le parangon de la mode et du goût. Boire du thé venu de Chine à grands frais dans des bols chinois est un luxe suprême auquel bien peu d'amateurs peuvent prétendre. La porcelaine est en effet très coûteuse malgré les importations massives, et ne connaît pas en France, pour l'art de la table, le même succès qu'en Angleterre, dans les pays germaniques et aux Pays-Bas. Il n'en demeure pas moins que ce matériau blanc, translucide, brillant, à la fois léger et solide, constitue l'objectif à atteindre pour les céramistes. Dès la fin du XVIIe siècle, les faïenciers de Nevers et de Rouen répondent aux attentes de la clientèle en consacrant une partie de leur production à des pièces peintes en bleu sur émail blanc bleuté, à l'imitation des pièces importées. A l'époque, on désignait d'ailleurs toute faïence en bleu et blanc par le nom de "porcelaine". 

Précieux témoin de l'usage du thé en France au début du XVIIIe siècle, ce bol très sobre imite une forme chinoise et cherche à copier l'aspect de la porcelaine par un émail légèrement bleuté, fin et bien nappé. Le décor bleu en revanche est tout à fait rouennais mais joue visuellement avec les références extrême-orientales.