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Musée

des arts de la table

Sucrier et douze cuillères en argent, Paris, 1791

Sucrier et douze cuillères en argent, Paris, 1791

Domaine : orfèvrerie

Matériaux / Technique : Argent, verre taillé

Lieu de fabrication : Paris, France

Chronologie : 1791

Fabricant / designer : Sucrier attribué à J.N. Boulanger. Cuillères de Jean Boulogne Petit (reçu maître en 1765)

Marques / Inscriptions : Poinçons du sucrier : orfèvre peu lisible (I...B ?) ; charge et décharge illisibles ; Paris, coq 2e titre ; Paris, grosse garantie.

Poinçons du couvercle : décharge 1791 ; Paris, coq 2e titre ; Paris, grosse garantie.

Poinçons des cuillères : JPB (orfèvre) ; charge illisible, décharge 1791.

Dimensions : H 31,5 cm

Statut : Propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT.2008.26.3

Historique : acquisition, 2008

Crédit photo : (c) J.M. Maume ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

Ce type d'objet, composé d'une petite coupe de verre ou de cristal maintenue par une armature de métal posée sur un pied élevé, est souvent désigné de façon erronée par le terme « confiturier », ou sous le nom fourre-tout de « drageoir » lorsqu'il n'y a pas de cuillères. Mais la consommation de confitures, terme général qui recouvrait un grand nombre de préparations sucrées autant que salées, était autrefois bien différente de la nôtre, et un confiturier pour douze personnes n'avait pas de raison d'être à la fin du XVIIIe siècle. En outre, la faible contenance du pot en verre se serait révélée très insuffisante.

Il s'agit en réalité de pots destinés aux service du sucre en poudre lors de réunions familiales ou mondaines, comme le goûter ou le thé en cours d'après-midi, le service du café après un repas convié, ou lors d'un déjeuner, repas de mi-journée composé en ce temps de boissons chaudes et de produits de boulangerie. Ce type de sucrier monumental, conçu pour l'apparat, est à la fois un élément spectaculaire du service et une façon élégante de présenter les cuillères. Prévu pour une compagnie relativement nombreuse,il ne trouve de justification que dans un emploi en réunion.

Cette forme apparaît à la fin du règne de Louis XVI, se décline en orfèvrerie puis en porcelaine, et sa vogue, amplifiée au cours du Premier Empire, se poursuit et se diffuse dans la bourgeoisie sous la Restauration pour s'éteindre durant le règne de Louis-Philippe. Le musée du Louvre et le musée des arts décoratifs de Bordeaux conservent chacun un sucrier d'un modèle semblable à celui-ci. Ces trois exemplaires sont contemporains, et tous ornés sur le couvercle d'un couple de colombes symbolisant sans doute le mariage, ou peut-être la douceur du sucre...