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Musée

des arts de la table


verseuse

verseuse

Domaine : céramique

Matériau : porcelaine blanchâtre à couverte bleutée (qingbai)

Lieu de fabrication : fours de Jingdezhen (Jiangxi)

Chronologie : dynastie Yuan (13e-14e siècle)

Dimensions : Ht 12,4 cm

Statut: Propriété du Conseil Général de Tarn-et-Garonne

inv. en cours

Historique : collection P. Valfré, acquisition en 2010

Crédit photo : (c) J.M. Garric ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

Cette petite verseuse en porcelaine blanc-gris, grossière mais translucide à la base qui n'est pas opacifiée par la glaçure bleue "qingbai", ne fut certainement pas utilisée pour verser de l'eau sur du thé, mais dans un contexte médical. Ses dimensions et sa symbolique suggèrent qu'elle était destinée au service de préparations alcoolisées à but thérapeutique.

La forme du récipient reproduit celle de la calebasse hulu, fruit du lapenaria vulgaris qui, séché, sert de contenant et dont l'importance est considérable dans la symbolique taoïste. Les Immortels y conservaient les herbes médicinales, et le dieu de la longue vie, Shou Xing Lao, la porte accrochée à son bâton.

Le pouvoir guérisseur et protecteur de la calebasse transparaît clairement dans cet objet, et se voit redoublé par l'image du lézard qui forme l'anse. Le lézard est l'un des Cinq Venimeux, animaux qui se montrent l'été, au moment où reviennent les épidémies de fièvres mortelles. Non seulement son image entrait dans les pratiques de conjuration des maladies, mais les thérapeutes utilisaient l'animal pour l'élaboration de médicaments spécifiques. L'association de la calebasse et du lézard suggère mais surtout active et renforce l'efficacité du remède, dont le caractère précieux est indiqué par la faible contenance de la verseuse et par l'inclinaison de son bec verseur qui permet un jet fin, doux et facile à contrôler, presque jusqu'au goutte à goutte.