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Musée

des arts de la table


Théière réticulée en grès de Yixing

Théière réticulée en grès de Yixing

Domaine : céramique

Matériaux / Technique : grès, montage par plaque, modelage, motifs ajourés réticulés

Lieu de fabrication : Yixing, province de Jiangsu, Chine

Chronologie : 1720-1730

Dimensions : Ht 12,5 cm, L. 14,7 cm

Statut: dépôt de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne

inv. 2010.67.55

Historique : Collection Valfré, acquis par mécénat du Crédit Agricole

Crédit photo : (c) J.M. Garric ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

Les théières à double paroi à décor réticulé imitant un faisceau de bambou (la paroi interne renferme le thé tandis la paroi externe est ajourée avec un outil fin et tranchant), semblent apparaître en Chine vers 1720 et sont destinées à l'exportation vers l'Europe.

Leur succès, passager, entraîne la standardisation de la fabrication, sans doute à base de moules car les motifs sont identiques d'une théière à l'autre, quelles que soient les dimensions, la qualité et la couleur du grès. Les ajours sont réalisés après moulage de la paroi externe, par un ouvrier qui suit les contours du motif. Cette production, dont il faudrait pouvoir déterminer si elle est le fait d'un même atelier, ne semble pas durer bien longtemps, peut-être à peine une décennie. Malgré un processus simplifié qui conduisait souvent à un résultat médiocre (découpe mal faite, détails oubliés...), la réalisation des ajours prenait du temps et le prix de revient des théières devait nécessairement s'en ressentir.

A une époque où la technique du pressé-moulé, déjà pratiquée à la fin du XVIIe siècle, s'impose afin de répondre à la demande croissante en provenance d'Europe, ce type de décor trop élaboré, trop long à produire, peut-être trop fragile, a pu s'avérer non rentable. Question de mode et de goût aussi : dans cette première moitié du XVIIIe siècle, alors que la porcelaine désormais maîtrisée commence à concurrencer les importations chinoises, les Européens apprécient, dans les grès de Yixing, les théières à décor contrasté appliqué en relief et les pièces naturalistes prenant l'aspect de fruits, de légumes, d'animaux et de bambous. Ce n'est pas sans raison, avant tout commerciale, que les entrepreneurs britanniques, germaniques puis français se mettent à copier ces théières naturalistes et ne produisent pas d'exemplaires ajourés à double paroi.

Rappelons que les pièces réticulées, perçues comme caractéristiques de l'exotisme chinois, ont connu un regain de faveur au XIXe siècle à la manufacture de Sèvres, avec la production de services thé et à café de grand luxe, depuis le règne de Louis-Philippe jusqu'à la fin du Second Empire.