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Musée

des arts de la table

Chocolatière en argent, Paris, 1783

Chocolatière en argent, Paris, 1783

Domaine : orfèvrerie

Matériaux / Technique : argent, bois noirci, moussoir en buis

Lieu de fabrication : Paris, France

Chronologie : 1783

Fabricant : Mongenot, J.C. (orfèvre)

Marques / inscriptions : Poinçons : JM... (orfèvre) ; charge Paris (A couronné) ; maison commune Paris (U couronné pour 1783)

Dimensions : H. 18 cm

Statut : propriété du Département de Tarn-et-Garonne

Inv. AT.2007.15.6

Historique : acquisition, 2007

Crédit photo : (c) J.M. Maume ; (c) Musée des arts de la table/CG 82

Comme les cafetières, les chocolatières apparaissent en France au XVIIe siècle lorsque le goût du chocolat, venu d'Espagne, se répand en France. Toutefois, jusqu'au XIXe siècle, cette boisson reste confinée parmi l'élite sociale. Le cacao est en effet très cher, et les ingrédients qu'on lui associe, cannelle, sucre, vanille, eux-mêmes coûteux, en augmentent fortement le prix. Par ailleurs, contrairement aux Espagnols et aux Anglais qui en raffolent, les Français ne sont pas de très grands amateurs à l'époque.

 

La préparation du chocolat chaud se fait en général à l'eau chaude et non au lait. Dans la chocolatière posée sur son réchaud, on plonge autant de "tablettes", nom donné jadis au bâtonnet de chocolat, que de tasses prévues, ou une certaine quantité de produit râpé. La pâte est délayée puis repose avant d'être mise à mijoter. Beaucoup d'amateurs gardent un peu du chocolat de la veille comme une sorte de levain pour préparer celui du lendemain.

 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le chocolat chaud est une boisson lourde à consommer et à digérer car le cacao n'est pas dégraissé, et l'on considère même que sa surface doit être couverte d'yeux. Il empâte rapidement la bouche, aussi ne sert-on jamais la tasse de chocolat sans un verre d'eau fraîche qui nettoie langue et palais, les disposant ainsi à mieux apprécier la gorgée suivante. Cette texture pâteuse oblige à homogénéiser le mélange avant de le verser dans chaque tasse, en le moulinant avec le moussoir de buis qui passe par le trou ménagé dans le couvercle. On appelle cela "faire venir la mousse", qui est l'un des plaisirs du chocolat chaud. C'est au trou du couvercle, fermé par un motif pivotant, que l'on identifie les chocolatières métalliques. Ce modèle à fond plat devait s'adapter sur un réchaud à alcool.